Jean Winand

Quel est votre parcours en 5 dates importantes ?

1979, j’entre à l’ULiège comme boursier pour y faire des études improbables, avec l’aval de mes parents, qui n’y connaissaient rien, mais qui me faisaient confiance. Leur soutien fut indéfectible. Il me manque aujourd’hui.

1989, je défends une thèse de doctorat sur La morphologie verbale du néo-égyptien (vous avez bien lu, cela existe !). Vient ensuite une période un peu rock-n-roll (difficultés budgétaires de l’université).

1994, je deviens chercheur qualifié du FNRS, premier poste stable, c’est important. Important aussi parce que l’Institution me fait confiance dans un domaine pourtant peu porteur si on compte le nombre d’étudiants. Il fallait oser. Depuis, le service d’égyptologie de l’ULiège est fermement établi comme un des meilleurs au niveau international.

2010, je suis élu doyen de la Faculté de Philosophie et Lettres, un mandat qui sera renouvelé deux fois. Je prends pleinement conscience de la complexité de l’université, j’en mesure aussi l’incroyable potentiel. C’est aussi un exercice d’équilibre difficile entre les aspirations, allant parfois en sens divers, d’une faculté, et les attentes d’une équipe rectorale qui souhaite mettre en œuvre son programme. On y apprend l’art de la conciliation, tout en restant ferme sur les principes qui fondent notre conviction profonde sur la nature et les missions de l’Université.

2018, je suis nommé Premier vice-recteur de l’ULiège. L’horizon s’élargit considérablement. Avoir été doyen pendant sept ans me permet de saisir les nuances exprimées par les facultés, mais il faut aussi avancer sur des réformes. C’est aussi la découverte, au plus près, du travail avec l’administration centrale ; des liens qui se créent dans un climat de confiance. C’est aussi apprendre la gestion de crise en période de pandémie, et aider notre communauté à basculer vers un nouveau monde, encore peu défini. C’est surtout l’occasion d’être imaginatif en créant des choses nouvelles : un Pôle muséal et culturel, une Chaire UNESCO. Enfin, représenter l’Université de Liège à l’étranger, une de mes missions, aura été un honneur et un bonheur.

Pourquoi Débattre, Gouverner & Innover pour l'avenir de l'Université de Liège ?

  • 1.

    Selon moi, débattre à l’ULiège, c’est une garantie de liberté : pas de liberté sans débat ; c’est la meilleure arme pour combattre les dogmatismes de tous poils, les idées toutes faites, le prêt-à-penser. Le débat, c’est l’ADN de l’université ; et aujourd’hui, il est menacé.

  • 2.

    Selon moi, gouverner à l’ULiège, c’est assumer une attitude responsable, c’est se mettre au service de la collectivité, c’est assumer les lignes fortes d’un programme et les faire partager par la communauté pour aller ensemble vers un objectif commun.

  • 3.

    Selon moi, innover pour l’avenir de l’ULiège, c’est faciliter par tous les moyens l’expression de la créativité, c’est créer les conditions de vie de demain pour notre région, en collaboration avec les partenaires politiques, économiques et sociaux ; c’est favoriser l’hybridation, c’est enfin faire entrer la culture dans les processus de recherche et d’apprentissage. C'est assurer la place de l'ULiège à l'international.

Présentation du Professeur Jean Winand

What makes the humanities so important?